ET SI JE PERDAIS TOUT MON ARGENT ? | Clement Frenay

Si tu as envie de créer une boite mais que tu n’oses pas te lancer ou si tu as déjà une boite et que tu n’oses pas passer au niveau supérieur, cet article va probablement t’intéresser. Lis-le, et partage le à tes amis si ça te plait !

 

Il s’est passé probablement deux ans entre le moment où j’ai eu envie de me lancer dans l’entrepreneuriat et le moment où j’ai véritablement commencé, et pour être honnête, ça aurait pu être bien plus long sans l’aide de l’Éducation Nationale qui m’a gentiment démis de mes fonctions.

Je n’aimais pas mon boulot de prof, ou en tout cas je n’aimais pas le boulot de prof comme le voyaient mes employeurs, j’étais convaincu que je ne voulais pas rester bloqué dans ce métier, et pourtant, je n’arrivais pas à partir.

Pourquoi ?

J’aimerais vous dire que c’était par sentiment de devoir envers les élèves, ou encore parce que j’attendais d’avoir la bonne idée, ou parce que j’attendais d’avoir le bon business plan, mais la réalité, c’est que la seule raison pour laquelle je ne partais pas c’était la peur de ne plus avoir d’argent.

La peur de ne plus avoir d’argent, c’est la peur de mourir

 

Ça peut paraitre ridicule pour quelqu’un qui n’a jamais envisagé de créer une entreprise mais cette peur est terrible, elle vous prend par les tripes et vous paralyse, elle vous propulse au fond de votre lit et vous empêche d’en sortir, elle vous prive de tout l’oxygène que l’air contient et vous donne l’impression d’étouffer.

Car après tout dans un monde où l’on achète tout ce que l’on mange, ne plus avoir d’argent, c’est mourir.

Si l’on reformule tout ça en langage « cerveau reptilien » (celui qui est responsable de la peur), ça donne : entreprendre = ne plus avoir d’argent = mourir.

Pas étonnant qu’il fasse tout son possible pour nous en dissuader !

Heureusement pour nous, on peut arriver à dépasser cette peur et voici la méthode que je vous propose…

 

Quel est le pire scénario ?

 

Dans ma propre expérience, la première chose à faire quand je panique, c’est de dédramatiser. En général, quand ça m’arrive je me pose tout simplement la question suivante : est-ce que c’est grave ?

Dans la plupart des situations, ça suffit à me détendre, mais dans une situation qui peut avoir pour conséquence ma disparition de la surface de la Terre, je dois admettre que ça s’avère un peu plus compliqué.

Dans un cas comme celui-ci, voici la méthode que j’utilise…

 

Pour commencer, je me pose la question suivante : Quel est le pire scénario ?

Mais le pire scénario réaliste, pas le pire scénario digne d’un film hollywoodien. Prenez une feuille de papier et décrivez ce pire scénario.

Si vraiment je perdais tout l’argent que j’ai gagné, tous mes fans, toute ma communauté, et que je n’arrivais plus jamais à vivre de mon entreprise, voici ce que ça donnerait pour moi :

  • je ne pourrais plus payer mon loyer donc je demanderais à un de mes amis sur Strasbourg de m’héberger
  • je contacterais tous les gens que j’ai sur Facebook pour leur demander s’ils ne connaissent pas quelqu’un qui embauche
  • je ferais toutes les librairies, la Fnac et les autres magasins du genre
  • je ferais tous les magasins de fringues de la ville pour leur proposer de me prendre comme vendeur
  • je ferais tous les fast-foods, tous les magasins de grande distribution
  • une fois le job en poche, je reprendrais un studio un peu excentré, je m’inscrirais en 1ère année de Psycho et je ferais un Master en Thérapie Cognitivo-Comportementale et je deviendrais Psy.

 

C’est ça la situation que je craignais tant, la situation qui me faisait si peur ?

Quand on regarde concrètement, ce serait grosso modo la même situation que quand j’étais prof sauf que j’apprécierais a priori un peu plus mon travail et que je pourrais fixer la date de mes vacances et la quantité d’heures que je travaille, et je n’aurais pas de devoirs à corriger en rentrant chez moi.

Une fois qu’on se rend compte de ça en effet, c’est déjà moins effrayant, mais votre scénario l’est un peu plus, demandez-vous : est-ce que ce serait vraiment si grave ?

Et prenez le temps de le sentir en vous, est-ce que ce serait vraiment si grave ?

Et si je ne gagnais plus d’argent du tout ?

 

J’avais dit au-dessus qu’on ne rentrait pas dans le scénario hollywoodien, mais on va quand même le faire juste pour enfoncer le clou.

Steve Pavlina propose de se poser la question suivante : En supposant que je n’arrive plus jamais à gagner d’argent, même pas en tant que salarié, et que ni mes parents ni aucun de mes amis ne puissent m’aider, est-ce que je pourrais quand même trouver des moyens d’apprécier ma vie ?

Voici ce que ça donnerait pour moi :

  • Je proposerais à ma copine qu’on se sépare pour ne pas lui imposer cette vie, elle accepterait probablement et je me retrouverais donc sans véritable attache à Strasbourg.
  • Je prendrais ma guitare, mon ordi, quelques fringues, une casquette, deux paires de chaussures, ma trousse de toilette et mon sac à dos, je descendrais dans le sud et je partirais vers l’Est en longeant la Mer, parfois à pied, parfois en stop.
  • Je m’arrêterais dans chaque ville, je retournerais ma casquette et je jouerais de la guitare en chantant pour gagner de quoi manger, je ferais des réserves et je passerais à la ville suivante, toujours vers l’Est.
  • J’irais comme ça jusqu’en Thaïlande ou au Vietnam, au Laos où je ne sais quel autre pays d’Asie du Sud-Est, je resterais un temps dans ces régions où j’alternerais entre jouer de la musique dans la rue et vivre dans la nature à ramasser des fruits et à pêcher, et le jour où j’en ai marre je ferai pareil dans une autre région du monde.
  • Pendant tout ce temps j’écrirais bien sûr des articles jusqu’à ce que mon ordinateur me lâche, et ensuite j’irais publier mes articles dans un cybercafé quelconque, et je le ferais juste parce que j’aime écrire.
  • Si un jour je me sens trop fatigué pour continuer comme ça, j’essaierais de trouver un orphelinat ou un monastère où j’aiderais aux tâches quotidiennes en échange du logis, et je profiterais de mon temps libre pour écrire et lire tous les livres intéressants que je peux me procurer, je commencerais la méditation et le yoga (si je n’ai pas réussi à me motiver avant), et je deviendrais le petit vieux qui raconte 15 fois les mêmes histoires à qui veut bien les écouter.

 

Est-ce qu’au terme de cette vie je pourrais dire qu’elle était moins bien que celle que j’aurais eue si mon business avait marché ?

Je suis loin d’en être sûr ! Je n’aurais pas construit de famille, j’aurais impacté moins de gens, et je n’aurais certainement pas le confort d’une vie à l’occidentale, mais j’aurais vécu plus d’expérience qu’une vie « normale » ne m’aurait jamais permise !

Comment est-ce que vous voulez que vos enfants parlent de vous ?

 

Maintenant pour l’étape finale, il s’agit de regarder de nouveau les deux scénarios possibles et de vous demander : Est-ce que je préfère avoir tenté de vivre mon rêve et finir comme ça ou n’avoir pas tenté et être resté toute ma vie dans la situation que j’avais avant ?

Quel exemple est-ce que je voudrais donner à mes enfants ? Est-ce que je préfère qu’ils se rappellent de moi comme celui qui a tenté et échoué ou comme celui qui n’a jamais rien tenté par peur de manquer d’argent ?

Et je dis « vos enfants », mais ça peut être vos neveux, vos cousins, vos frères et sœurs, vos parents, vos amis etc…

Pour moi la réponse est très claire : si la peur de ne plus avoir d’argent et de mourir est très forte, la peur de ne pas avoir essayé et la peur de passer à côté de ma vie le sont bien plus !

Je ne dis pas que je ne flanche jamais, et que je n’ai jamais peur au moment de lancer un nouveau projet.

D’ailleurs c’est plutôt le contraire, j’ai toujours peur, à chaque fois, mais il me suffit de me reconnecter à ma peur de passer à côté de ma vie et je suis de nouveau près à prendre des risques et à tenter des choses.

Pour l’instant la plupart des choses que je tente marchent, mais si un jour ça change, je suis déjà prêt à rebondir, et le fait de le savoir de façon concrète me permet de continuer d’avancer aujourd’hui en dépit de la peur.

 

Si vous êtes dans ce cas où c’est la peur de manquer d’argent qui vous empêche de passer à l’action, j’espère vraiment que cet article vous aidera à vous lancer, parce que si l’entrepreneuriat fait peur, l’aventure en vaut la peine.

Et rappelez-vous que vous n’êtes pas obligés de tout quitter, c’est comme le vélo, vous pouvez vous lancer en gardant les roulettes !

L’histoire du condamné à mort

 

(J’ai oublié la source donc j’ai dû la ré-écrire, si vous connaissez l’originale n’hésitez pas à me l’envoyer !)

C’est l’histoire d’un homme qui avait été condamné à mort pour trahison. Après avoir passé un mois au cachot, il venait d’être transféré dans une petite pièce avec deux portes : la porte par laquelle il était rentré et une deuxième, plus petite.

Avant de sortir, son futur bourreau se retourna et lui dit : « tu as deux choix, soit tu ouvres la petite porte, soit tu seras décapité demain matin. »

Le condamné commença à tergiverser dans tous les sens : pourquoi est-ce qu’ils lui laissaient cette possibilité ? Après tout, il avait tenté de renverser le système, il avait trahi !

Il passa des heures et des heures les yeux rivés sur la petite porte, ne cessant de se répéter qu’il devait y avoir une bête féroce juste derrière, qu’ils voulaient le voir se faire dévorer et souffrir.

Non, il n’allait pas leur donner ce plaisir, quitte à mourir, autant mourir décapité, c’est rapide, il ne souffrirait pas !

Résigné, il s’allongea au sol et s’endormit.

Le lendemain matin, le bourreau vient le chercher et l’emmène sur la place publique, où tout le monde était venu voir le traitre se faire décapiter. Le bourreau l’installe sur l’estrade et se met en position.

Juste au moment où il allait élever sa hache, le condamné lui demanda : « Bourreau, qu’est-ce qu’il y avait derrière la porte ? »

Et le bourreau lui répondit : « la liberté ! »

 

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En attendant, je vous embrasse, et je vous dit à bientôt !

Clément

 

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