DOIS-JE DÉPRIMER SI MON PÈRE EST MORT ? | Clement Frenay

L’idée de cet article est assez claire dans ma tête, et pourquoi je veux l’écrire aussi, mais au moment de le commencer je sens à l’avance que j’aurai peur de le publier, peur que les gens me voient comme un dépressif ce que je ne pense plus être, peur d’en mettre mal à l’aise d’autres… Mais bon, je vais d’abord l’écrire et je verrai ensuite si je le publie ou pas !

 

Mon père s’est suicidé quand j’avais 12 ans.

L’immense tristesse, la rage, le sentiment d’injustice, la touche de culpabilité et le dégoût de la vie (entre autre) se sont combinés pour m’entrainer dans plus de 10 ans de dépression.

J’avais plein de raisons d’être déprimé, mais dans cet article je voudrais en cibler une en particulier parce qu’elle est à mon avis celle qui a fait que je sois resté déprimé si longtemps.

Si j’arrête de déprimer je manque de respect à mon père

 

À travers la séduction et le développement personnel j’ai trouvé plein d’outils qui m’ont fait faire un bon considérable au niveau de ma dépression. J’en suis arrivé plusieurs fois à un stade où j’avais toutes les raisons d’être heureux : une bonne dynamique dans mes études, des amis, une copine super, ma famille qui va bien, un avenir apparemment joyeux devant moi…

Et pourtant je sentais que quelque chose en moi me tirait vers le bas.

Un jour en regardant des vidéos de Tony Robbins je vois qu’il dit à quelqu’un : « si tu es malheureux c’est que ça t’apporte quelque chose, tu en tires un intérêt sinon tu ne le ferais pas. Prenons l’exemple d’une vieille dame qui est seule chez elle, ses enfants ne viennent pas la voir et là elle se casse la jambe. Elle va à l’hôpital et reçoit plein de visite, du coup elle a un réel intérêt à guérir moins vite ou à se casser de nouveau quelque chose dès sa sortie. »

Et là je me met à penser à pourquoi je suis encore malheureux, et j’ai cette pensée qui vient : « si j’arrête de déprimer alors ça voudrait dire que j’aimais pas vraiment mon père, ce serait un manque de respect ».

Je ne savais pas quoi faire de cette pensée à l’époque, donc je me suis juste dit ce que tout le monde dirait, à savoir que s’il pouvait me voir mon père voudrait que je sois heureux, j’ai mis tout ça de côté et j’ai avancé.

Ça veut dire quoi manquer de respect à un mort ?

 

Aujourd’hui en prenant ma douche j’ai repensé à ça, et je me suis posé la question : « est-ce que vraiment ce serait du manque de respect envers lui d’être heureux ? »

C’est quoi manquer de respect ? C’est aller contre sa volonté ?

Si c’est le cas, une chose dont je suis sûr c’est que la volonté de mon père a toujours été que je sois heureux.

Je me rappelle quand il me lisait Bilbo Le Hobbit avant que je m’endorme, quand il me faisait découvrir des nouvelles musiques (Chopin, The Pixies, Cesaria Evora…), quand il me créait des devoirs supplémentaires à partir de Sciences et Vie Junior, quand il m’emmenait en promenade dans la voiture ou faire du sport, quand il m’a autorisé à avoir des salamandres (faute de pouvoir avoir une mygale ou un serpent), quand il me portait depuis la voiture jusqu’à mon lit alors que je faisais semblant de dormir, quand il m’engueulait alors que je faisais des conneries, quand il m’apprenait à construire des trucs (comme ma cabane en bois dans le pommier) ou à en réparer d’autres…

Bref, mon père a toujours voulu que je sois heureux. Donc si manquer de respect c’est aller contre sa volonté, alors je lui manquerais de respect en me retenant d’être heureux si je le peux !

Est-ce que je peux être heureux aujourd’hui ?

 

J’ai plein d’amis, ma famille va bien, je suis en train de me créer un job que j’aime et je sais que je peux le changer comme j’en ai envie si ça finit par ne plus me plaire, j’ai une copine géniale et j’adore ses parents, j’ai un tel système immunitaire que je suis en bonne santé même quand je prends moins soin de mon corps, j’ai assez d’argent pour vivre et un peu voyager…

Bref, j’ai tout ce qu’il me faut pour être heureux.

Alors j’ai pas mon père certes, et je l’adorais, mais tout le monde finira par ne pas avoir leur père un jour ou l’autre. Est-ce que ça veut dire que tout le monde doit être malheureux le jour où il perd un parent ?

Peut-être, mais je préfère décider de croire que non.

Est-ce que je suis heureux aujourd’hui, mercredi 1er Février ? Probablement. Et je vais continuer de mener ma vie de telle sorte que j’enfile les jours où je me sens heureux sur la tige de mon existence comme je le faisais avec des pâquerettes sur un collier de Printemps chez ma grand-mère : patiemment et avec amour.

 

Comme d’habitude, si cet article vous touche, partagez-le à deux de vos amis que ça peut aider pour propulser ces idées plus loin !

En attendant, je vous embrasse, et je vous dit à bientôt,

Clément

 

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